7- Pourquoi la négociation de l’acheteur(euse) commence bien avant la promesse d’achat

Image de Pierre Boutin — courtier immobilier,

Pierre Boutin — courtier immobilier,

titulaire d’un permis de l’OACIQ
819-570-5070 | info@pierreboutin.ca

Préparation d’un projet d’achat immobilier avec calculs, documents et maison miniature avant la promesse d’achat

En immobilier, la négociation de l’acheteur(euse) ne commence pas quand on écrit un prix sur un formulaire. Elle commence au moment où le projet cesse d’avancer à découvert.

Plusieurs acheteur(euse)s pensent que négocier, c’est arriver à la fin, inscrire un montant dans une promesse d’achat et espérer obtenir mieux. C’est une vision trop courte. En réalité, la négociation commence bien avant : quand le projet est clarifié, quand les limites sont connues, quand les informations stratégiques sont protégées et quand un(e) courtier(ère) peut réellement conseiller l’acheteur(euse) sur le prix, les comparables, les conditions et la rédaction des clauses dans le cadre d’un Contrat de courtage achat. Sans ce cadre écrit, le courtier ne peut pas représenter l’acheteur(euse) ni négocier en son nom.

Ce qu’il faut comprendre d’abord

La négociation de l’acheteur(euse) commence avant la promesse d’achat parce qu’une promesse bien négociée ne naît pas d’un réflexe de dernière minute. Elle naît d’un projet déjà compris, déjà structuré et déjà protégé.

Le prix inscrit sur une promesse d’achat n’est que la partie visible. Avant cela, il faut déjà avoir clarifié ce qu’on cherche vraiment, ce qu’on est prêt à accepter, ce qu’on refuse, ce qu’on peut concéder, ce qu’on ne doit pas révéler trop tôt, et dans quel cadre un(e) courtier(ère) peut réellement défendre les intérêts de l’acheteur(euse).

L’OACIQ est très clair là-dessus : lorsqu’un(e) acheteur(euse) est représenté(e) par Contrat de courtage achat, le ou la courtier(ère) doit le conseiller sur le meilleur prix à offrir, s’appuyer sur les comparables, recommander des conditions particulières selon ses besoins et négocier les termes d’une promesse d’achat en son nom. Sans ce contrat, cette négociation réelle n’existe pas du côté acheteur.

Autrement dit, on ne commence pas à négocier quand on remplit le formulaire. On commence à négocier quand on prépare correctement la position de l’acheteur(euse).

Pourquoi c’est important

Le vendeur arrive rarement à la table sans structure. Sa propriété est affichée. Son prix est positionné. Son dossier est préparé. Son camp est déjà en place.

L’acheteur(euse), lui ou elle, peut facilement arriver avec autre chose : son enthousiasme, son empressement, ses doutes, son attachement à une propriété, son besoin de se loger, ou sa peur de manquer sa chance. Et si rien n’a été clarifié avant la promesse d’achat, ces éléments-là affaiblissent sa position plus qu’ils ne la renforcent.

C’est exactement pour cela que le cadre de représentation change tout. Le règlement rappelle que le titulaire de permis représente la partie à laquelle il est lié par contrat, qu’il doit protéger et promouvoir les intérêts de cette partie et qu’il ne peut pas divulguer d’information confidentielle ou stratégique la concernant sans autorisation écrite. L’OACIQ rappelle aussi qu’un(e) courtier(ère) qui représente l’acheteur(euse) ne peut pas dévoiler, par exemple, le prix le plus haut que celui-ci ou celle-ci est prêt(e) à payer, parce qu’il s’agit d’une information confidentielle ou stratégique.

Voilà pourquoi la négociation ne peut pas être réduite à un chiffre écrit sur une offre. Une vraie négociation suppose déjà une lecture du rapport de force, une protection de l’information, une compréhension du projet et une capacité de choisir ses conditions avec lucidité.

Depuis le 10 juin 2022, le cadre est d’ailleurs encore plus net en résidentiel : le contrat de courtage verbal n’est plus valide, et la double représentation y est interdite sauf exceptions limitées. Le marché a donc été forcé de clarifier les rôles. La négociation sérieuse doit désormais se faire du bon côté, dans un cadre écrit.

Ce que cela change concrètement

D’abord, cela change la manière de préparer le projet. Le Contrat de courtage achat prévoit notamment les caractéristiques essentielles de l’immeuble recherché, le prix et les conditions d’achat visés, ainsi que les obligations respectives des parties. Cela veut dire qu’avant même qu’une propriété précise soit ciblée, une partie du travail de négociation est déjà commencée : on sait mieux ce qu’on cherche, dans quel cadre, à quelles conditions et jusqu’où on veut aller.

Ensuite, cela change la manière de visiter. Un(e) acheteur(euse) qui n’a pas clarifié ses limites visite souvent pour confirmer un coup de cœur. Un(e) acheteur(euse) qui a préparé sa position visite autrement : pour vérifier, comparer, relativiser et lire ce que la propriété implique vraiment pour sa vie, son budget et sa marge de manœuvre.

Cela change aussi la manière de parler. Quand la négociation est mal préparée, plusieurs personnes révèlent trop tôt leur urgence, leur attachement, leur souplesse ou leur capacité financière. Pourtant, la protection des informations stratégiques fait partie du cœur même de la représentation. Une fois ces informations sorties au mauvais endroit, elles ne se reprennent pas facilement.

Cela change encore la manière de rédiger l’offre. Le ou la courtier(ère) de l’acheteur(euse) peut conseiller sur le prix, les comparables, les conditions et les clauses adaptées à sa situation. La promesse d’achat ne devient donc plus un simple papier déposé en espérant que ça passe. Elle devient l’expression d’une stratégie déjà pensée.

Et cela change finalement la capacité de réagir quand la pression monte. En situation de promesses d’achat multiples, les autres courtiers doivent être informés de l’existence d’une autre promesse d’achat, sans que son contenu soit dévoilé. L’acheteur(euse) peut alors décider, s’il ou elle le souhaite, de bonifier son offre ou ses conditions. Mais cette réaction a beaucoup plus de valeur quand le projet a déjà été clarifié avant, et non improvisé sous stress à la dernière minute.

La confusion ou l’erreur fréquente

L’erreur la plus fréquente, c’est de croire que négocier veut simplement dire demander une baisse de prix.

C’est beaucoup trop simpliste.

Négocier, ce n’est pas seulement pousser un chiffre vers le bas. C’est savoir quand offrir, combien offrir, avec quelles conditions, avec quels délais, avec quelles protections, avec quel ton, et avec quelle compréhension du rapport réel entre l’immeuble, le marché et votre situation.

Une autre erreur fréquente consiste à croire qu’on peut très bien protéger sa position tout en parlant librement au mauvais camp. On pense être spontané. On pense être transparent. On pense aider la transaction. Mais en réalité, on peut dévoiler trop tôt ce qu’un bon processus de représentation aurait justement protégé.

Il y a aussi une illusion tenace : croire qu’un(e) bon(ne) négociateur(trice) improvise bien sous pression. En immobilier, ce n’est pas ce qui rend une négociation forte. Ce qui la rend forte, c’est la préparation. Ce qui affaiblit le plus souvent l’acheteur(euse), ce n’est pas l’absence de courage; c’est l’absence de cadre.

Ce qu’il faut retenir

La promesse d’achat n’est pas le début de la négociation. C’en est le moment visible.

La vraie négociation commence avant :
quand le projet est clarifié,
quand les critères sont hiérarchisés,
quand les limites sont connues,
quand les informations sensibles sont protégées,
et quand un(e) courtier(ère) peut enfin lire la situation dans l’intérêt réel de l’acheteur(euse).

C’est exactement ce que permet le Contrat de courtage achat. Il donne à l’acheteur(euse) un cadre écrit de représentation dans lequel le ou la courtier(ère) peut conseiller sur le prix, les comparables, les conditions et les clauses, puis négocier en son nom, tout en protégeant ses renseignements stratégiques. Sans ce cadre, il n’y a pas de vraie négociation du côté acheteur; il y a surtout une réaction plus ou moins bien préparée devant une propriété déjà en marché.

Conclusion

En immobilier, plusieurs personnes pensent encore que tout se joue quand vient le temps d’écrire l’offre.

En réalité, à ce moment-là, beaucoup de choses sont déjà en train de se révéler.

Le sérieux du projet.
La clarté des limites.
La qualité du regard.
La discipline dans l’information transmise.
La solidité des conditions.
La capacité d’agir sans paniquer.

Tout cela commence avant.

C’est pour ça qu’un(e) acheteur(euse) bien représenté(e) n’arrive pas à la promesse d’achat comme quelqu’un qui improvise sa défense. Il ou elle y arrive avec une position déjà mieux préparée, déjà mieux protégée et déjà mieux comprise.

Et c’est souvent là que la négociation commence vraiment à tourner de son côté.

 

Vous pouvez également être intéressé :

1- Le vrai piège de l’acheteur immobilier avant la première visite : croire qu’il est déjà représenté

Deux maisons stylisées illustrent visuellement le bon côté et le mauvais côté dans un projet d’achat immobilier

2- Pourquoi être du bon côté change déjà la position de l’acheteur(euse)

Signature d’un document immobilier réglementé, symbole de cadre légal.

3- Ce que le contrat de courtage achat vous permet vraiment comme acheteur