9- Avant de signer un C.C.A., comment reconnaître le courtier qui travaille vraiment pour l’acheteur(euse)

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Pierre Boutin — courtier immobilier,

titulaire d’un permis de l’OACIQ
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Rencontre entre une acheteur(euse) et un(e) courtier(ère) immobilier pour expliquer le cadre de représentation avant la signature d’un C.C.A.

Avant de signer un Contrat de courtage achat, la vraie question n’est pas seulement de savoir si un(e) courtier(ère) est sympathique ou disponible. La vraie question est de savoir s’il ou elle peut réellement travailler pour vous.

Un(e) courtier(ère) qui travaille vraiment pour l’acheteur(euse) doit pouvoir le représenter dans un cadre écrit, conseiller sur le prix, les comparables, les conditions et les clauses, négocier en son nom, puis protéger ses renseignements personnels et ses informations stratégiques. Sans contrat de courtage écrit, il n’y a pas cette représentation du côté acheteur; il y a seulement un traitement équitable, donc pas de conseil selon les besoins et critères de l’acheteur(euse), ni de négociation en son nom.

Ce qu’il faut comprendre d’abord

Choisir le bon courtier avant de signer un C.C.A., ce n’est pas choisir la personne qui parle le mieux. C’est choisir la personne qui peut vous dire clairement, dès le départ, pour qui elle travaille, dans quel cadre elle vous représente, et ce qu’elle peut faire pour vous en droit et en pratique. L’OACIQ est explicite : avec un contrat de courtage achat signé, le courtier de l’acheteur peut protéger, défendre et promouvoir les intérêts de l’acheteur(euse), le conseiller sur le prix, les comparables, les conditions et les clauses, puis négocier les termes d’une promesse d’achat en son nom. Sans ce contrat, ces pouvoirs n’existent pas du côté acheteur.

Cela veut dire qu’un bon premier critère est très simple : un(e) courtier(ère) sérieux(se) n’entretient pas le flou. Il ou elle n’essaie pas de laisser croire qu’une simple visite, une conversation agréable ou une disponibilité rapide équivaut déjà à une représentation. Au contraire, il ou elle doit être capable d’expliquer la différence entre être représenté(e) et recevoir seulement un traitement équitable.

Un autre critère concret existe avant même la première rencontre : l’OACIQ permet au public de vérifier si un(e) courtier(ère) est titulaire d’un permis valide et s’il ou elle a déjà été visé(e) par une décision disciplinaire ou un avis de suspension. Quelqu’un qui travaille sérieusement n’a pas à craindre cette vérification.

Pourquoi c’est important

Le mauvais choix ne se voit pas toujours tout de suite. Au début, plusieurs courtier(ère)s peuvent sembler compétent(e)s, rassurant(e)s et disponibles. Pourtant, ce n’est pas cela qui décide si votre position sera réellement protégée. Ce qui compte, c’est la loyauté réelle, le cadre de représentation, la capacité de conseiller dans votre intérêt et la protection de vos informations stratégiques. L’OACIQ rattache expressément à la représentation de l’acheteur(euse) la protection de ses renseignements personnels et de ses autres informations stratégiques.

C’est aussi important parce qu’un conflit d’intérêts ne devient pas acceptable simplement parce qu’il est nommé. L’OACIQ dit noir sur blanc que le courtier doit éviter de se placer en situation de conflit d’intérêts, que la dénonciation n’est pas une échappatoire, et que même dénoncé, le conflit demeure quand même un conflit d’intérêts. L’organisme ajoute même que le client doit alors être informé qu’il peut mettre fin à son contrat et se faire représenter par un autre courtier de son choix.

Autrement dit, un(e) courtier(ère) qui travaille vraiment pour l’acheteur(euse) ne joue pas avec les zones grises. Il ou elle cherche au contraire à rendre les rôles plus nets, le cadre plus clair et la confiance plus solide

Ce que cela change concrètement

Avant de signer un C.C.A., il faut donc regarder ce que le ou la courtier(ère) met réellement en place. En pratique, une première rencontre sérieuse devrait servir à clarifier le type de propriété recherché, les caractéristiques essentielles, le prix et les conditions d’achat visés, la nature du suivi qui sera fait, ainsi que la portée réelle des services rendus. Ce n’est pas une invention marketing : ce sont précisément les éléments que le formulaire de contrat de courtage achat prévoit d’encadrer.

Un bon signe est aussi la manière dont la rétribution est abordée. Un(e) courtier(ère) qui travaille vraiment pour l’acheteur(euse) ne contourne pas cette discussion et ne laisse pas planer de faux flou. L’OACIQ rappelle que le montant et les conditions de la rétribution doivent être spécifiés dans le contrat de courtage achat. L’organisme précise aussi que le client peut négocier le tarif ou le pourcentage de cette rétribution, et que, lorsque le vendeur est représenté par un courtier, la part offerte en partage au courtier de l’acheteur(euse) est déduite de ce qui est prévu au C.C.A. Si ce partage est insuffisant, l’acheteur(euse) doit payer l’excédent; si le vendeur n’est pas représenté, l’acheteur(euse) doit assumer la totalité prévue au contrat ou la faire financer dans le prix d’achat.

Un autre critère concret est la capacité d’expliquer le travail réel derrière le contrat. L’OACIQ indique que le C.C.A. permet non seulement de préciser les attentes et le suivi, mais aussi au courtier de faire du démarchage pour des propriétés qui ne sont pas sur le marché. L’organisme précise aussi que si le vendeur n’est pas représenté, le courtier de l’acheteur effectuera les vérifications d’usage en raison de l’absence des vérifications qu’aurait faites le courtier du vendeur. Un(e) courtier(ère) qui travaille vraiment pour l’acheteur(euse) doit être capable de vous expliquer clairement cette portée-là, et pas seulement de vous promettre des visites.

Enfin, il faut regarder comment le ou la courtier(ère) parle de la négociation. L’OACIQ est clair : représenter l’acheteur(euse), c’est pouvoir conseiller sur le meilleur prix à offrir, s’appuyer sur les comparables, recommander des conditions particulières selon les besoins et critères de l’acheteur(euse), puis négocier les termes d’une promesse d’achat en son nom. Si la personne devant vous parle surtout d’ouvrir des portes, de prendre des rendez-vous ou de “vous aider un peu”, mais sans vous expliquer ce pouvoir réel de lecture, de conseil et de négociation, vous n’êtes probablement pas devant la bonne représentation.

La confusion ou l’erreur fréquente

L’erreur la plus fréquente, c’est de choisir un(e) courtier(ère) comme on choisit quelqu’un de simplement rassurant. Ce n’est pas assez. Une belle présence, un ton calme ou une grande disponibilité ne remplacent ni la loyauté, ni la capacité de négocier dans votre intérêt, ni la protection de vos informations stratégiques. Le traitement équitable peut être professionnel et courtois sans devenir une représentation du côté acheteur.

Une autre erreur consiste à croire qu’un conflit d’intérêts devient acceptable s’il a été bien expliqué. L’OACIQ dit le contraire : le courtier doit éviter le conflit, la dénonciation ne lui donne pas un droit de rester confortablement dans cette situation, et le client doit être informé qu’il peut choisir un autre représentant.

Il faut aussi éviter de croire que le C.C.A. n’est qu’un papier administratif de plus. Les sources de l’OACIQ montrent l’inverse : le contrat encadre les caractéristiques recherchées, le prix et les conditions d’achat, les obligations des parties, la rétribution, la nature du suivi et la portée des services. Il sert justement à sortir la relation du vague.

Ce qu’il faut retenir

Avant de signer un C.C.A., il faut reconnaître le bon courtier à des signes très précis.

Le bon courtier ne brouille pas les rôles.
Il explique clairement pour qui il travaille.
Il parle franchement de la rétribution et de ses conditions.
Il prépare le projet avant les visites.
Il sait expliquer comment il protège vos informations.
Il peut vous dire concrètement comment il lit une propriété, comment il vous conseille sur le prix et comment il négocie dans votre intérêt. Tout cela correspond exactement à ce que l’OACIQ rattache à la vraie représentation de l’acheteur(euse).

En réalité, la bonne question n’est donc pas seulement : est-ce que j’aime ce courtier? La bonne question est : est-ce que cette personne me donne enfin un vrai camp, un vrai cadre et une vraie protection du côté acheteur?

Conclusion

À la fin de cette série, le lecteur n’a plus seulement besoin de comprendre le marché. Il doit être capable de reconnaître la bonne personne.

Pas la plus vague.
Pas la plus aimable seulement.
Pas celle qui laisse croire que tout ira bien sans trop clarifier les rôles.

La bonne personne, c’est celle qui vous dit clairement ce qu’elle peut faire pour vous, ce qu’elle ne peut pas faire sans contrat, ce qu’elle protégera, comment elle sera rétribuée, comment elle préparera votre projet, et comment elle négociera dans votre intérêt si vous choisissez d’aller plus loin. C’est là qu’on commence à reconnaître le courtier qui travaille vraiment pour l’acheteur(euse).

 

Prochaine étape :
Réserver une rencontre stratégique avant de visiter

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